Le souvenir de ce jour …

Cela faisait plusieurs jours que nous avions investi les lieux, en attendant ton arrivée. Mes parents nous ont accueillis pour nous faciliter la vie ! Chaque matin je me réveillais en me demandant si c’était pour aujourd’hui. Je m’imaginais déjà la vie à quatre, voir ta frimousse, celle de ton frère te découvrant. Je profitais des derniers moments de repos avant les nuits hachées, les pleurs inconsolables, les milliers de questions qui allaient me trotter dans la tête !

Ce matin je me réveille, tranquillement. Nous sommes vendredi, il fait beau, il fait chaud, une belle journée nous attend. Je pose un pied par terre, puis le deuxième. Tout va bien.  

Tout à coup, un léger “serrement” me surprend. Tiens, est-ce un signe ? Plus rien … Je descends prendre mon petit déjeuner avec Chaton et Chéri d’Amour. Il avait pris sa journée pour profiter de sa famille. Il l’avait décidé depuis longtemps : c’était pour aujourd’hui !

Ah ! Une nouvelle sensation étrange … puis plus rien.

Tu nous avais déjà fait le coup le week-end dernier Coquinou : il y avait des cousins à la maison. Des cousins que l’on ne voit pas tous les jours, mais avec tellement de bonheur à chaque fois. Alors nous avons ri en nous disant que ce serait mémorable que tu arrives le jour où ils étaient venus nous voir, mais non, c’était une petite blague. Je suis allée à la maternité pour être sûre, mais je savais bien, au fond, que ce n’était pas le bon signe.

Aujourd’hui, en revanche, c’était beaucoup plus régulier. La matinée est passée, nous avons profité du soleil. Chéri devait s’absenter dans l’après-midi pour travailler un peu. Pas de soucis, la pression ne se fait ressentir que toutes les demi-heures et ça reste léger.

Je me pose la question du faux travail à nouveau, mais au fond je sais que c’est pour aujourd’hui.   “Attention quatre heures pour un premier c’est rapide, n’attendez pas trop longtemps pour partir cette fois” m’avait conseillé la sage-femme.

Je vais coucher mon Chaton pour la sieste, je descends m’allonger dans le canapé. Je me repose. Les contractions sont toujours là, elles se rapprochent doucement mais sûrement. Cette fois plus de doute, tu es en route !

Pour l’arrivée de Chaton, nous n’avions pas élu domicile ailleurs, nous étions restés à la maison, à quarante minutes de la maternité. J’avais peur qu’il arrive dans la voiture, alors nous étions partis tôt. Arrivés à vingt-deux heures à la maternité : “Bon vous êtes à trois, on a le temps” … Quatre heures plus tard il était là. En y repensant, je me suis toujours dit que la fois prochaine, je repousserai mes limites, je m’inquiéterai moins et je m’écouterai plus.

En milieu d’après midi, ça se précise. Ça commence à devenir douloureux, mais je me relaxe et je supporte très bien les petits coups. J’appelle Chéri : “Toutes les 10 minutes” “Bon je me dépêche, mais ne t’inquiète pas, on a le temps”. Je lui fais confiance, je me fais confiance.

Dix-neuf heures, les invités du dîner prévu par mes parents arrivent. Il y a une assiette pour moi sur la table. “Bonjour comment ça va ?” “Attends je respire !”   Assise en tailleur dans le fauteuil, je me concentre. Toutes les cinq minutes, la douleur monte puis redescend.

“Je crois que je ne vais pas trinquer avec vous ce soir !”

Chéri arrive. Il est temps. Depuis ce matin … je suis fatiguée de souffler. Maintenant j’ai mal, il faut y aller. Nous arrivons à la maternité vers vingt heures trente. “Vous êtes à cinq, voulez-vous la péridurale ?” “oui …” déception, mais je n’en peux plus. “Alors on y va, on se dépêche”.

Soulagement, bien-être et détente. Une douce chaleur envahit mes jambes. Je réalise que je suis fière de moi, j’ai patienté sereinement. Nous avons réussi à avancer à notre rythme mon bébé.

Maintenant je suis dans la salle d’accouchement avec une piqûre dans le dos et un bandeau sur le ventre pour savoir si ton petit cœur bat normalement. “Vous êtes à six, on a le temps, relaxez-vous, je reviens tout à l’heure”.

Je ferme les yeux, je pense à toi, je te guide … quelques minutes plus tard je sens que tu es là ! “Ah bon, vous êtes sûre ? Bon on va regarder … Ah mais oui ! Je vois sa tête ! Attendez, je me prépare !”

Vingt-deux heures trente-trois, comment oublier, je te prends sous les aisselles et te pose contre moi. Tu es beau, tout chaud, tu as dix-sept jours d’avance, tu es parfait ! Exactement le même nourrisson que ton frère (c’est humain la comparaison finalement …).

Ça y est tu es arrivé parmi nous, nous nous sommes tout de suite reconnus.

Chéri est heureux, il coupe le lien qui nous unit. C’est un papa comblé … pour la deuxième fois. Le temps d’une tétée de bienvenue pour te rassurer. Voilà, nous sommes quatre. Notre petite tribu.

C’était il y a deux ans … Je t’aime !

8 thoughts on “Le souvenir de ce jour …

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